apprentissage informel

L’apprentissage informel : comment s’enrichir au quotidien sans y consacrer «trop» de temps ?

Changement de fonction, de projet, d’objectifs, de périmètre d’activité… autant de situations qui nécessitent d’accroître son « portefeuille de compétences » en un temps limité.

Dans ce monde accéléré, mouvant et complexe, nous avons à nous adapter en permanence, à apprendre sans cesse de nouvelles pratiques et changer nos habitudes.
Pour s’adapter aux nouvelles évolutions du business, tout en assurant la gestion quotidienne, il nous faut apprendre vite et en un minimum de temps.

Pour atteindre ce niveau de flexibilité dans ce contexte d’évolution continue, un préalable essentiel : oubliez le modèle de l’étudiant studieux que vous étiez ou auriez aimé être…

Qu’est-ce que l’apprentissage informel ?

Théorisé par Jay Cross, à qui l’on prête l’invention du terme « e-learning », l’apprentissage informel n’apparaît pas sur un CV. Il s’élabore sur le terrain, principalement par la pratique, l’observation et l’interaction avec les autres.

Parlons métaphores…

L’apprentissage formel : nous nous laissons guidés par l’enseignant, qui possède le savoir.

Imaginez les passagers d’un bus qui se laissent guider vers une destination, sans avoir la latitude de faire une pause ou un détour.

L’apprentissage informel : vous êtes acteur de votre apprentissage.

Pensez à un cycliste libre de sa trajectoire et de ses pauses.

90% de nos apprentissages sont informels

Le modèle 70 : 20 : 10 nous donne un ordre de grandeur de la répartition de nos modes d’apprentissage. Ceux-ci s’opèrent à :

  • 70% par l’expérience et la pratique : en se fixant des challenges mesurés, s’autorisant le droit à l’erreur, etc.
  • 20 % par le biais de notre entourage : en observant les autres faire, en leur posant des questions de manière opportune, en échangeant avec son réseau, aidant ses collègues à résoudre un problème, etc.
  • 10 % dans un cadre de formation dédié : séminaire, formation présentielle, e-learning, etc.

Les apprentissages informels se maintiennent dans la durée

Ce sont principalement les échanges, la pratique et la transmission qui facilitent la mémorisation des nouveaux apprentissages.
Seulement 5% du contenu d’un cours magistral sont retenus 24h après.

Pyramide retention 2014

Vous n’étiez pas familier avec la notion d’apprentissage informel ? Pourtant vous le pratiquiez déjà. Il ne vous reste plus qu’à tout mettre en œuvre pour tirer parti au maximum de l’efficacité de ce mode d’apprentissage.

Créez-vous les conditions propices à votre apprentissage

1. Boostez votre motivation

Quelles sont vos sources de motivation ? La compétition, l’utilité au sein d’un groupe, l’intérêt intellectuel…?
Le mieux vous vous connaissez, le mieux vous êtes à-même d’identifier vos sources de motivation, gisement d’énergie personnel considérable.
Grâce à cette stratégie d’auto-motivation, il vous sera plus facile de rebondir à la suite de vos échecs. Ne vous découragez pas dès la première difficulté rencontrée !

2. Développez votre attention

Plus l’attention que vous portez sur la tâche est grande, plus vous mémorisez facilement.
Pour maintenir votre activité cérébrale en éveil :

  • fixez-vous des objectifs d’apprentissage précis,
  • variez vos activités,
  • octroyez-vous des moments de détente et de respiration.

3. Privilégiez vos modes d’apprentissage préférentiels

Parmi ces 3 processus d’apprentissage, lequel vous correspond le plus ?

vous êtes plutôt « visuel » : vous avez besoin d’écrire, dessiner, faire des gestes signifiants. Vous comprenez une notion quand vous êtes capables de vous en faire une image visuelle. Vous avez besoin d’explications courtes.

vous êtes plutôt « auditif » : vous avez besoin de décrire, commenter, écouter et réécouter. Vous comprenez quand vous trouvez le mot pour le dire. Vous avez besoin de structure et de précisions. Vous aimez classer, organiser.

vous êtes plutôt « kinesthésique » : vous avez besoin de chaleur humaine et de faire appel au vécu. Vous avez besoin d’échanges, d’action.

4. Dites « oui » à l’évaluation et sollicitez le feedback

Comment savoir si l’on apprend efficacement, si l’on se coupe de la possibilité d’évaluer ses progrès ? Pratiquez ces 2 sortes d’évaluation complémentaires :

  • Prenez du recul sur vos pratiques par l’auto-évaluation,
  • Sollicitez des personnes de confiance pour qu’elles vous donnent du feedback sur vos pratiques et comportements en cours d’acquisition.

5. Entretenez la dynamique

« Apprendre à apprendre » est un apprentissage en soi, qui nécessite une pratique pérenne et d’être continuellement stimulé. Alors restez curieux, participez à des groupes d’échanges entre pairs, ne boudez pas les discussions autour de la machine à café, sollicitez votre manager et collègue pour leur feedback, posez des questions aux moments opportuns, constituez des veilles sur les sujets qui vous intéressent, assistez à des tables rondes… n’ayez pas peur de tester de nouvelles pratiques !

L’apprentissage informel s’insère dans le maillage de l’activité de travail. Son efficacité est dopée par l’apport de sens : les connaissances acquises entrent directement en lien avec les besoins du poste et d’évolution personnelle.
Conscientes des apports de cette pratique, des entreprises comme Veolia développent l’« apprentissage sur le lieu de travail » en complémentarité de leur offre de formation classique. Des micros séances sont échelonnées sur plusieurs semaines, pendant lesquelles le travail du collaborateur est directement observé sur son poste de travail puis débriefé par un formateur-coach.

Quant à la formation présentielle, elle offre un cadre particulièrement approprié à l’expérimentation en toute sécurité de nouvelles pratiques et nouveaux comportements. « Apprentissage formel » et « apprentissage informel » forment ainsi le mix gagnant pour booster la montée en compétence des collaborateurs et la transformation des entreprises.


Publié le 24 Juin 2014 dans Efficacité professionnelle

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