RH compétences confiance

Les RH, de « développeurs des compétences » à « générateurs de confiance »

La fonction RH, fer de lance de la nouvelle entreprise

Le monde change, celui de l’entreprise aussi : notre quotidien de travail est de plus en plus complexe, incertain et interdépendant.

Dans ce nouveau décor, la posture prédominante du XIXème siècle « décider pour les autres et obéir à ceux qui décident pour nous » fait figure d’anachronisme. Et les entreprises qui n’ont pas encore passé le cap de la transformation culturelle sont en danger. Le monde est un seul marché, les prix sont tirés à la baisse, le moyen de tirer son épingle du jeu est d’investir sur le capital humain et la R&D – porteurs d’agilité et d’innovation. Francis Mer, précédent Ministre de l’Economie et ex-PDG dans l’industrie, résumait ainsi :

Si on a les meilleurs aciers et les meilleurs hommes, nous avons encore une chance de survivre.

Or, l’agilité et l’innovation ne se décrètent pas.

Elles se développent au sein d’un écosystème valorisant la coopération et la prise d’initiatives. Sortir de son périmètre d’actions demande d’oser prendre des risques et d’aller à la rencontre des parties prenantes. Pour cela, il faut se voir autorisé le droit à l’erreur (indissociable de la prise de risque) et se voir libérer des plages de temps pour faire autre chose que de la pure production.

La fonction RH est au centre de ce virage culturel, notamment à travers sa mission de « développeur des compétences », mais aussi à travers une autre mission en arrière-plan, celle de « générateur de confiance ». Donner confiance en eux aux individus pour qu’ils ne se cachent pas derrière un organigramme et une feuille de route – comportements notoirement nuisibles à la bonne santé durable de l’entreprise.

Les premières personnes à qui donner confiance en elles… sont les Directeurs !

Les dirigeants sont aussi des êtres humains, habités comme un grand nombre d’entre nous par la peur de ne pas être à la hauteur. Tant et si bien que beaucoup préfèrent ne pas faire plutôt que de contribuer à ce changement de paradigme. Résultat : les élites restent convaincues que la valeur d’une entreprise est celle qui permet de valoriser sa cotation en bourse. Or, la valeur d’une entreprise réside dans la manière dont elle est organisée pour améliorer la productivité. Qui mieux que la fonction RH pour porter ce message auprès de la Direction ?

C’est à la fonction RH de convaincre les instances dirigeantes d’aller dans une autre voie pour intégrer un cercle vertueux. A eux de convaincre la Direction que l’humain est un investissement prioritaire et non un coût !

Booster la confiance des collaborateurs en eux

La peur de l’échec nous ligote, si bien que nous usons de stratégies pour détourner la responsabilité qui nous incombe lorsque quelque chose ne fonctionne pas. Ce sont les mécanismes que nous connaissons bien qui fonctionnent à plein régime : « Y’à qu’à… », « si ça ne marche pas, ce n’est pas de notre faute, c’est celle de l’autre ! » En France, nous sommes prédisposés dès notre enfance à faire de « la gestion », à préserver des statuts, à maintenir l’élite du diplôme… Pas facile de faire bouger les lignes dans un tel contexte. C’est justement parce que la conduite de ce changement n’est pas à la portée de tous que la fonction RH a une partition à jouer. Un changement culturel passe par une série de micros-changements portés par chacun des managers et collaborateurs qui composent l’entreprise. Ces micros-changements sont confortés par la mise en place de nouveaux processus de travail (laisser des marges d’actions sur le « comment faire », adapter des objectifs individuels, etc.). Cependant, ces actions ne porteront pas leurs fruits si une vraie confiance n’est est pas accordée « par le haut » et si les collaborateurs n’ont pas confiance en eux-mêmes. Le management occupe ici un rôle clé. Et qui d’autre que la fonction RH pour les accompagner au mieux ?

Plus la culture de la confiance est installée, plus les collaborateurs sont en voie d’autonomisation et plus l’entreprise est équipée pour faire face aux enjeux de ce monde mouvant, complexe, interdépendant et incertain.

Ayons de l’ambition pour nous et notre entreprise : ne visons pas la survie mais la vie, ne nous fondons pas sur les modèles passés mais osons la créativité !


Publié le 23 Mai 2016 dans Agilité changement créativité