entreprise libérée

L’entreprise libérée, une utopie ?

Qu’est-ce qui fait que la motivation des employés s’érode au fil du temps qu’ils passent dans l’entreprise ?

C’est une question que s’est posée Isaac Getz, professeur à l’ESCP à l’origine du concept d' »entreprise libérée ». Les chiffres sont éloquents : 9% des salariés seulement seraient engagés au travail, quand le reste compterait ses heures. Pourtant, assure-t-il, il existe des entreprises au sein desquelles les employés viennent et repartent avec le sourire.

Qu’est-ce qu’une entreprise libérée?

Elles s’appellent Poult, Chronoflex, … et elles sont de plus en plus nombreuses. Qu’ont-elles en commun ? Elles suscitent la motivation de chacun en créant un environnement de travail favorable. L’un des maitres-mots est CONFIANCE.

Cela passe par :

  • l’écoute de chacun
  • la prise en compte d’une égalité entre tous,
  • la reconnaissance des talents de chacun
  • l’autonomie sur les moyens d’atteindre les objectifs.

L’ancien DRH de la biscuiterie française Poult le dit lui-même : « le plus grand travail à faire est sur soi » (en parlant des directeurs comme des salariés).

Il n’y a pas de modèle d’entreprise libérée, ni de chemin type pour y parvenir.

Quand on parle d’entreprise libérée, on parle d’une philosophie, d’une manière d’être ensemble. C’est aux directions et aux salariés d’imaginer ensemble le modèle qui leur convient, et d’effectuer des ajustements au fur et à mesure.

Libérer son entreprise, c’est un engagement

L’entreprise libérée s’appuie sur des « leaders serviteurs », qui sont au service d’une communauté plus que de leurs propres intérêts. Cela leur demande un véritable investissement personnel : de travailler sur soi, de rester humble, de prendre le risque d’être contredit, d’être déstabilisé.

Faire le choix de libérer son entreprise demande aussi du courage et de la persévérance.

L’entreprise libérée n’est pas un choix de facilité : c’est une démarche engageante. Mais quand les premiers fruits commencent à apparaître, les résultats tendent vers le vert. Chronoflex, alors que le secteur du BTP était dans le rouge en 2015, a ainsi redressé la barre des années précédentes cette même année en étant dans le vert, puis a recruté.

Tout le monde n’est pas en mesure d’imiter Chronoflex ou Poult, mais chaque entreprise, chaque entité, peut, à sa mesure et à son rythme, enclencher des petits pas vers plus d’autonomie laissée aux salariés, plus d’assouplissement des règles et des procédures, en bref plus de « servant leadership », plus d’agilité…

Partir de l’état existant de l’entreprise, pour avancer vers plus de confiance et plus de proximité, petit pas par petit pas, est sans doute la meilleure des manières d’embarquer ses collaborateurs dans une aventure collective, et de générer un cercle vertueux dans lequel la satisfaction des hommes crée de la performance.

Marie Guitton


Publié le 24 Oct 2017 dans Agilité changement créativité