L’Appreciative Inquiry (AI) propose d’appréhender la conduite du changement dans une organisation en s’appuyant sur ses succès, car il y en existe toujours. Traditionnellement, dans l’entreprise, on raisonne en termes de « résolution de problème », ce qui est aussi nécessaire. Certains enjeux, et ils sont nombreux, se prêtent particulièrement bien à l’approche par l’AI : la cohésion d’une équipe, la stimulation de l’innovation, la conduite de projet, etc, car en effet, l’AI fonctionne par le collectif et le positif. Par nature, elle génère adhésion, enthousiasme, initiatives, et aboutit à la mise en place d’un plan d’action.
Nous vous proposons un exemple, d’un blocage dans une entreprise, qui s’est résolu par l’Appreciative Inquiry.
Simon est manager d’une équipe de photographes, au sein d’une société notoire de production parisienne, qui a fusionné avec une jeune société de production, située en province. Ses collaborateurs sont des professionnels expérimentés, cinquantenaires, avec plus de 20 ans de métier, qui doivent désormais collaborer avec des jeunes trentenaires, férus de réseaux sociaux.
Simon doit l’admettre, la fusion est faite sur le papier, mais pas sur le terrain : de chaque échange entre un membre de l’équipe « historique » et un autre de l’équipe « nouvelle génération », lui parviennent des échos négatifs : « Ce n’est pas de la photographie ça », « Facebook, c’est fait pour partager des selfies à la plage, pas des photos d’art ».
Il décide donc de faire appel à devOp pour accompagner son équipe dans ce changement. Quand la consultante, appelons la Claire, fait connaissance avec Simon et ses collaborateurs, elle constate que la faille est immense entre les deux équipes : ils partagent le même intérêt pour la photo, mais cela semble se limiter à cela. L’enjeu va être de réconcilier deux générations, deux visions, deux métiers qui ne parviennent pas à s’entendre.
1. Rencontre entre Simon et Claire

Claire – Le changement fait souvent peur, vous le savez, et celui-ci est de taille. Vous m’avez parlé de « retours négatifs », alors je vous propose de tenter de positiver cette collaboration, par l’Appréciative Inquiry.
Simon – C’est-à-dire ?
Claire – L’Appreciative Inquiry, dit « AI », est une manière de voir le changement sous un angle positif. C’est plus qu’une méthode, c’est une posture. Apparue aux Etats-Unis il y a une vingtaine d’années, l’AI consiste à capitaliser sur vos succès : au lieu de chercher des solutions à ce qui ne fonctionne pas, on va amener vos « gars » et les « jeunes » à se réunir autour de ce qui fonctionne.
L’objectif de l’AI est de créer de la cohésion autour d’une vision commune, qui se transforme en un projet commun, concret, construit ensemble, nourri par chacun. Voici donc les deux piliers de l’AI : positiver le changement, construire ensemble.
2. Travail avec l’équipe : exemple de séquence travaillée
Claire demande aux collaborateurs de se former en binômes, afin de se raconter mutuellement des expériences positives concernant leur collaboration avec l’entité provinciale. Puis celui qui a écouté raconte devant tous les autres, l’histoire de son binôme. Celui-ci, en écoutant le récit de sa propre expérience, prend des notes. Il prend du recul sur sa propre histoire. Tous les récits sont affichés, et chaque membre de l’équipe les consulte un à un, pour sélectionner les 3 plus marquants. L’équipe leur trouve des leviers communs, qui lui donneront une direction, une intention, une ambition.
Et là : surprise. Alors qu’il semblait une évidence que « rien ne marche », chacun a trouvé une anecdote positive à raconter.
Le postulat majeur de l’AI , c’est qu’on ne parle que du négatif, et peu, voire jamais, du positif.

Eux qui étaient si réfractaires à cette fusion, se rendent finalement compte que ce changement les challenge, les force à sortir de leurs habitudes, et finalement, enrichit leur vision de leur art et leur créativité.
Simon aussi a pu se remettre en question :
sans s’en rendre compte, il était lui aussi fort peu favorable à cette collaboration.
Il est désormais convaincu qu’elle peut ouvrir de nouveaux horizons. Soutenues par Simon, les deux équipes ont monté un projet commun de création novateur. Et les chatons ne les inquiètent plus.


