Qu’est-ce que l’assertivité ?
L’assertivité désigne la capacité à exprimer clairement ses opinions, ses besoins et ses limites, tout en respectant ceux de son interlocuteur. Elle permet de défendre son point de vue sans agressivité, mais aussi sans s’effacer ni accepter systématiquement les demandes des autres.
Être assertif ne signifie donc pas imposer sa volonté ou chercher à éviter tout désaccord. C’est savoir dire ce que l’on pense, formuler une demande, exprimer un refus ou poser une limite de manière directe, calme et respectueuse.
L’assertivité constitue ainsi une voie d’équilibre entre trois attitudes :
- la passivité, qui conduit à taire ses besoins ou à subir la situation ;
- l’agressivité, qui impose son point de vue au détriment de l’autre ;
- la manipulation, qui cherche à obtenir indirectement ce que l’on souhaite.
Dans le cadre professionnel, elle aide notamment à dire non sans culpabiliser, demander un arbitrage, gérer un désaccord et préserver des relations de travail constructives.
Dans quelles situations l’assertivité est-elle utile au travail ?
L’assertivité est particulièrement utile lorsque nous devons exprimer un désaccord, refuser une demande ou défendre nos priorités sans détériorer la relation. Elle aide à trouver un équilibre entre l’effacement, l’agressivité et la recherche permanente d’approbation.
Elle peut notamment être mobilisée pour :
- dire non à une demande difficilement compatible avec sa charge de travail ;
- exprimer un désaccord avec un collègue ou son responsable ;
- demander un arbitrage entre plusieurs priorités ;
- poser des limites face à des sollicitations répétées ;
- formuler une demande ou faire valoir un besoin ;
- prendre position malgré la peur du jugement ;
- prévenir ou désamorcer une tension relationnelle ;
- faire face à une remarque déstabilisante ;
- reconnaître une erreur sans perdre confiance en soi ;
- s’affirmer dans une relation hiérarchique.
Certaines personnes associent également l’assertivité à l’extraversion. Pourtant, être assertif ne signifie pas parler fort, occuper constamment l’espace ou chercher à convaincre. Une personne introvertie peut parfaitement s’affirmer en exprimant sa position avec calme, clarté et constance.
L’assertivité se développe avant tout par la pratique. Les études de cas, les mises en situation et les jeux de rôle permettent de tester différentes formulations et d’adapter sa posture à des situations professionnelles réelles.
Comment dire non avec assertivité en 5 étapes ?
Analyser la demande avant de répondre
Face à une sollicitation, nous avons parfois tendance à répondre immédiatement, notamment par peur de décevoir ou de paraître peu disponible. Avant de vous engager, prenez le temps d’évaluer :
- le niveau réel d’urgence ;
- la charge de travail nécessaire ;
- les conséquences sur vos autres missions ;
- votre rôle et les compétences nécessaires pour y répondre ;
- les éventuelles solutions alternatives.
Si vous avez besoin de vérifier votre disponibilité, différez clairement votre réponse :
« J’ai bien compris ta demande. Je vérifie mes priorités et je te confirme cet après-midi si je peux m’en charger. »
Prendre un temps de réflexion n’est ni une fuite ni un refus déguisé. Cela permet de donner une réponse réaliste et de ne pas prendre un engagement que vous ne pourrez pas tenir.
Reconnaître le besoin de son interlocuteur
Avant d’exprimer votre réponse, montrez que vous avez compris la demande et son importance :
« Je comprends que tu aies besoin de ce document rapidement. »
Reconnaître le besoin de l’autre ne signifie pas accepter sa demande. Cette étape permet simplement de maintenir une relation constructive et d’éviter que le refus soit interprété comme un manque d’écoute.
Formuler clairement son refus
Un refus assertif doit être direct, compréhensible et respectueux. Évitez les formulations ambiguës comme « je vais essayer », « cela risque d’être compliqué » ou « je ne suis pas certain d’avoir le temps ».
Préférez une formulation claire :
« Je ne pourrai pas prendre en charge cette demande pour vendredi. »
Dire non à une demande ne revient pas à rejeter la personne qui la formule. Cette distinction permet de poser ses limites sans culpabiliser ni remettre en question la qualité de la relation.
Expliquer sa contrainte sans se surjustifier
Une explication courte et factuelle peut faciliter la compréhension du refus :
« Je suis déjà mobilisé sur le dossier X, qui doit être finalisé cette semaine. »
Il n’est pas nécessaire de multiplier les arguments. Une justification trop longue peut fragiliser votre position et donner l’impression que votre décision reste négociable.
Proposer une alternative ou demander un arbitrage
Lorsque la situation le permet, proposez une solution compatible avec vos contraintes :
« Je ne pourrai pas m’en charger cette semaine, mais je peux le faire mardi prochain. »
Vous pouvez aussi proposer un périmètre réduit, un autre délai ou une aide ponctuelle :
« Je ne peux pas reprendre l’ensemble du dossier, mais je peux t’aider pendant trente minutes à identifier les prochaines étapes. »
Si la demande vient de votre manager et entre en conflit avec d’autres priorités, demandez-lui d’arbitrer :
« Je peux prendre ce nouveau dossier, mais je devrai reporter le projet X. Quelle priorité souhaites-tu que je retienne ? »
L’objectif n’est pas de vous décharger de la difficulté sur votre interlocuteur, mais de rendre visibles les conséquences concrètes de la nouvelle demande.
Que faire lorsque l’interlocuteur insiste ?
Votre interlocuteur peut minimiser votre contrainte, reformuler sa demande ou tenter de vous convaincre. Dans ce cas, évitez d’ajouter continuellement de nouveaux arguments. Plus vous vous justifiez, plus vous ouvrez un espace de négociation autour de votre refus.
Vous pouvez utiliser la technique du disque rayé, qui consiste à répéter calmement votre position en conservant le même message :
« Je comprends que ce soit urgent. Comme je te l’ai indiqué, je ne pourrai pas traiter ce dossier aujourd’hui. Je peux m’en charger lundi ou t’aider à trouver une autre solution. »
Si une négociation est envisageable, précisez les conditions auxquelles vous pourriez accepter :
« Je peux prendre cette mission à condition de décaler la livraison du dossier X et de réduire le périmètre attendu. »
L’assertivité ne garantit pas que votre interlocuteur acceptera immédiatement votre position. Elle vous permet cependant de rester clair, constant et respectueux, y compris lorsque la discussion devient inconfortable.
Développer son assertivité pour mieux poser ses limites
Savoir dire non avec assertivité permet de préserver ses priorités, de prévenir la surcharge et de construire des relations professionnelles plus équilibrées. Cette compétence demande toutefois de la pratique, particulièrement face à un manager, à un client ou à un interlocuteur insistant.
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