Un collègue vous confie qu’il se sent victime de harcèlement moral au travail. Vous souhaitez l’aider, mais vous ne savez pas comment réagir ni vers qui l’orienter. Il n’est pas nécessaire de qualifier juridiquement la situation pour prendre sa parole au sérieux.
Votre rôle consiste d’abord à l’écouter sans minimiser ce qu’il décrit, à l’aider à distinguer les faits observés de leur interprétation et à l’informer des interlocuteurs qui peuvent agir. Si vous êtes manager ou responsable RH, vous devez également veiller à ce que les faits signalés soient examinés et que la santé des personnes concernées soit protégée.
Formation Sensibilisation des managers au harcèlement
1 jour
Comment aider un collègue qui se sent victime de harcèlement moral ?
Premier réflexe : écouter et recueillir les faits
Laissez votre collègue expliquer ce qu’il vit, sans minimiser sa souffrance et sans conclure immédiatement qu’il s’agit, ou non, de harcèlement moral.
Aidez-le à préciser les faits : que s’est-il passé, quand, où, à quelle fréquence et en présence de qui ? Les courriels, messages, comptes rendus ou témoignages peuvent être utiles s’ils sont conservés et datés. Distinguer les faits des ressentis aide à décrire la situation clairement, sans remettre en cause ce que la personne éprouve.
Ne lui imposez pas de discussion directe avec la personne mise en cause. La suite dépend de la situation et doit permettre de protéger les personnes concernées.
Formation Diagnostiquer et prévenir les risques psychosociaux
2 jours
Deuxième réflexe : orienter et signaler selon votre rôle
Si vous êtes collègue, indiquez à la personne qu’elle peut s’adresser à son employeur ou aux RH, à un représentant du personnel au CSE, au service de prévention et de santé au travail ou à l’inspection du travail. Proposez-lui de l’accompagner dans ses démarches si elle le souhaite. Si vous avez personnellement assisté à des faits, décrivez uniquement ce que vous avez constaté.
Si vous êtes manager ou responsable RH, transmettez le signalement aux personnes chargées de le traiter dans l’entreprise. Faites examiner les faits avec sérieux et discrétion, sans présumer de la culpabilité de la personne mise en cause, et prenez les mesures de protection nécessaires selon la situation.
Si la santé du collègue semble affectée, encouragez-le à consulter un professionnel de santé. Le médecin du travail peut notamment conseiller sur la prévention des risques et proposer des aménagements du poste ; il ne remplace pas le médecin qui assure les soins.
Quels faits peuvent relever du harcèlement moral ?
Le Code du travail définit le harcèlement moral par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité d’une personne, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.
Il peut notamment s’agir d’humiliations répétées, de mises à l’écart ou de pratiques managériales dégradant les conditions de travail. L’intention de nuire n’est pas nécessaire pour que des faits puissent être reconnus comme du harcèlement moral. En revanche, la qualification d’une situation particulière demande d’examiner les faits dans leur contexte.
Source : article L1152-1 du Code du travail
Le harcèlement ne concerne donc pas que les relations interpersonnelles : l’organisation de travail ou le mode de management peuvent aussi amener à une situation de harcèlement sans qu’il y ait une intention de nuire.
RH et managers : prévenir et traiter les situations signalées
La prévention passe par des règles de fonctionnement connues, des possibilités de signalement accessibles et une vigilance sur les situations de mise à l’écart, d’humiliation ou de dégradation des relations de travail.
Lorsqu’une situation est signalée, l’enjeu est de recueillir les faits, examiner la situation avec impartialité et protéger les personnes concernées. Former les managers à repérer les signaux d’alerte et à orienter les collaborateurs fait partie de cette démarche. La formation ne se substitue toutefois pas au traitement d’un signalement.
Article de Virginie David-Cosme, consultante Formatrice « Management de Qualité de Vie au Travail et Efficacité Professionnelle » chez devOp.
Mis à jour le 25 septembre 2026
Le mot de l’expert
Si un collègue vous confie des faits pouvant relever du harcèlement moral, écoutez-le sans minimiser ce qu’il vit et aidez-le à consigner les faits précis qu’il souhaite signaler. Vous n’avez pas à déterminer vous-même s’il s’agit juridiquement de harcèlement. Orientez-le vers les personnes compétentes dans l’entreprise et vers les démarches de signalement. Évitez de lui imposer une confrontation avec la personne mise en cause : sa protection et le traitement des faits passent d’abord.


